L'ennemi à abattre
- Le stress avant une compétition.
- La colère après une erreur arbitrale.
- La peur au moment d'une action clé.
L'émotion est presque toujours désignée comme l'ennemie à abattre.
« Il faut rester froid. » « Ne pas se laisser déborder. » « Gérer ses émotions », sous-entendu : les faire taire.
Le problème, c'est que cette manière de voir les choses part d'un postulat faux : que l'émotion est un bug, une anomalie du système, quelque chose qui vient parasiter la performance et qu'il faudrait éliminer.
L'émotion n'est pas l'obstacle, elle est l'information
Combien de personnes culpabilisent de ressentir de la peur, de la colère ou de la tristesse ? Pourtant, une émotion n'est jamais une erreur. C'est une réaction naturelle de notre organisme face à une situation que nous jugeons importante.
- Le stress avant une échéance signale que l'enjeu compte.
- La colère après une injustice signale qu'une limite a été franchie.
- La peur avant un moment décisif signale qu'il y a quelque chose à protéger.
Ce sont des signaux, précis et utiles, sur ce qui se joue pour la personne à cet instant précis.
Le vrai problème n'est presque jamais l'émotion elle-même. C'est ce qu'on en fait quand elle arrive.
La supprimer, la nier, ou la subir sans la comprendre : voilà ce qui fait dérailler une performance. Pas le fait qu'elle soit là.
Écouter plutôt que combattre
Plus facile à dire qu'à faire ? Oui. Impossible ? Non.
C'est pas facile et surtout nous ne sommes pas tous égaux face à ça. Il y a naturellement des personnes qui se font plus facilement embarquer par ce qu'elles ressentent. Mais ça ne veut pas dire que c'est un problème. Bien calibré, ça peut même devenir une force, voire un avantage compétitif.
Chercher à lutter contre une émotion est souvent contre-productif. Plus on essaie de ne pas ressentir le stress, plus il prend de place. Plus on refuse une émotion, plus elle insiste pour être entendue.
À l'inverse, reconnaître ce que l'on ressent permet souvent de retrouver de la disponibilité mentale. Ça consiste à apprendre à écouter ce qui se passe, à le nommer, et à décider ensuite, en connaissance de cause, ce qu'on en fait.
Un sportif qui reconnaît sa peur avant un match n'est pas plus fragile que celui qui la nie. Il a simplement plus d'informations pour agir.
Ce que la préparation mentale change, ce n'est pas la présence de l'émotion. C'est la relation qu'on entretient avec elle.